Après avoir aperçu diverses émissions de télé réalité sur le sujet du célibat, l’on pensait avoir tout vu, tout entendu. Innover était pour moi chose impossible à présent.

C’est ainsi que je réalise à quel point je me suis bel et bien subornée.


A la machine à café du travail, depuis quelques semaines déjà, il ne se passe pas une matinée sans que mes collègues (hommes et femmes confondus) ne polémiquent sur la dernière création de TF1 « Qui veut épouser mon fils ». Un prénom exotique a donc naturellement retenu mon attention, suscitant mon intérêt et ma curiosité. J’ai nommé Giuseppe.  

 

Vendredi soir arrivant, je me suis donc installée tranquillement devant le poste de télévision afin de découvrir qui était donc cet inconnu itBoy du bureau. Le concept de l’émission, pour celles qui ne la regardent pas est très simple. Cinq mères et leurs galériens de fils sont à la recherche de la belle fille « parfaite ». Sur ce point le titre de l’émission aurait du plutôt être « Qui veut épouser ma Mère ». Car ici, ces dernières semblent déterminées à imposer leurs choix, prêtes à éventrer les utérus de celles qu’elles imaginent être leurs adversaires. Ou simplement qu’elles jugent trop sottes pour leurs Tanguy de rejetons.

 

Les candidates, caricatures peroxydées habituelles de ce type de show, sont donc lâchées toutes crues dans l’arène. C’est à ce moment là que l’on réalise que « Qui veut épouser mon fils »est un pur ring de combat. Un tatami rêvé pour s’adonner au crêpage de chignons les plus fous, à la baston de fille; la vraie. Tous les coups sont permis : Mensonges, dénonciations, calomnies, hypocrisie, strip-teases burlesques douteux, robes boudinées à souhait (à la limite du craquage)… Sans oublier le « sur »maquillage de prédatrices de rigueur.

Histoire d’être visible parmi ses semblables. Jusque là, rien de bien étonnant, les images sont  tellement classiques et typiques. C’est là qu’intervient « Le » Bachelor rêvé de cette émission et sa star de mère.
 »Giuseppe ».

 

Macho extrémiste vivant reclus dans le pavillon de banlieue chez ses parents, ce quadra orange de teint, est la vedette incontestée de l’émission. Il est bien vrai que ce bel italien possède le charisme d’un acteur de porno. Mais le plus drôle chez lui ne se limite pas uniquement dans son allure originale (rappelant un certain Jean Claude Vandame).

Oui, la réelle pépite de ce gentleman latin, c’est bien Marie France, sa génitrice au visage raboté.

Giuseppe recherche une femme jeune, belle de toute évidence, dotée d’un corps de vestale romaine, puis enfin et surtout soumise. La donzelle devra comme il a prévenu dès le départ, faire la machine à laver, repasser, à manger… Avoir toutes les options ménagères d’activées, sans jamais émettre le moindre soupir. Autre fantaisie made in by Taliban Giuseppe, il sera également interdit de vieillir à sa future élue. Avec toutes ces barrières le plus dur pour la future cendrillon sera surtout de devoir se colleter Marie France. A côté Cruella d’Enfer et l’ensemble des sorcières de Walt Disney font office de plaisanteries.

 

Je ne vais pas revenir sur les péripéties vécues par le personnage depuis le début de cette aventure. Mais il m’est apparu ahurissant de voir à quel point les pauvres femmes en lice ont l’envie malgré le caractère abject du personnage, de poursuivre un challenge perdu d’avance. Ces malheureuses voient en Giusseppe un trophée ; le bellâtre lui, ne voient en elles que de sombres traînées sans aucun intérêt.

 

  Les bassesses de l’être humain sont exposées à chaque instant au spectateur. Entre les danses folkloriques dignes d’un opéra d’ours russes de Charlotte et les rixes entre courgettes pour un pouilleux de puceau, il faut dire que la production a mis le paquet. La prod a en effet eu des idées vraiment sadiques cette année. Comme par exemple, celle de faire dormir les quatre concurrentes à bottes d’aiguilles dans le même camping car de 5 mètres carrés. Caprices auxquel elles ne se sont finalement pas pliées après un quart passé ensemble dans le capharnaüm. L’on ose imaginer le bain de sang une fois la nuit

consummée entre harpies rivales.

Finalement, toutes les femmes sont des teignes dans cette histoire. Car même si les prétendantes ont le sale boulot, celui de la victime avilie, entre elles, ces dernières sont encore plus infectes que les mères. Après tout les marâtres ne font que protéger leurs fils. « Qui veut épouser mon fils » s’ajoute donc aux autres shows, en allant toujours plus loin dans le grotesque et la férocité. L’on dit que le ridicule ne tue pas mais à voir le sérieux avec lesquelles certaines se prennent au jeu, l’on peut se demander jusqu’à quand.

 

En attendant, les copines et moi nous délectons de voir la franchise éclatante de Giuseppe. Qui quelque part, et j’en ai la certitude, dit tout haut ce que les hommes célibataires de quarante ans recherchent en partie (d’un point de vue physique va -t’on dire).

Sa mère est juste tout aussi culte. Rien que pour ce spectacle, cela vaut le coup de jeter un œil à cette émission trash entre potes autour d’un plateau télé. Vous pourrez ainsi vous aussi décrypter les discussions de machines à café le matin au bureau ou dans le métro.   

 

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Alba

 

 


 

 

 


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