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Pascal de l'Amour est dans le pré.

 

 

Sur le thème du célibat, nous avons eu le droit à toutes sortes de concepts télévisuels tous plus farfelus les uns que les autres.

-Ceux qui mettaient en scène un jeune trentenaire métro (gérant de boite à Los Angeles, ou au mieux « Consultant » dans le milieu de la nuit tropézienne) déguisé d’un costume auquel l’on collait dans la bouche une rose rouge aussi affutée qu’un cure dent.

-Ceux dans lesquels des minets épilés, lookés avec des t-shirts flashy (achetés à crédit au centre commercial Créteil Grand Soleil) jaillissaient de gros bus en vociférant « Nnnnexxxtt » à la vue d’une sublime pintade en provenance de Deuil la Barre.

-Ceux dans lesquels des couples en tongs étaient jetés tout cru sur des iles vierges entourés d’amazones et d’ersatz nus – aux mensurations parfaites-  (Allergiques aux femmes mâchant des chewings Gum et portant des cerceaux dans les oreilles, prières de changer de programme).

-Ceux dans lesquels un usurpateur (faux millionnaire) au Qi de Vandamme devait choisir la quiche la moins cruche parmi une ribambelle de pralines blondes.

-Ceux dans lesquels il y avait un manège, et où les personnes se sélectionnaient ou s’éliminaient à la voix, sans s’être vues.

Et le meilleur pour la fin. L’émission « L’Amour est dans le pré » dans laquelle une bande d’agriculteurs issus des quatre coins de la France est à la recherche de l’Amour de leur vie. Une femme pour pondre des minons, une femme pour ramasser le crottin, une femme pour ne plus être puceau à 40 ans (et connaître enfin les joies du sexe sans magnétoscope en duo!), une femme pour se marier et faire plaisir à sa mère, bref une femme à tout prix.


Alors que certains affichent des mines patibulaires frôlant les limites d’un serial killer, d’autres hommes à l’inverse, demeurent réellement touchants.
Touchants de part leurs maladresses avec leurs gros pulls troués pourtant portés si fièrement que l’on ne voit plus que là bas, dans leurs visions enfantines de l’amour tellement rare dans sa simplicité, dans la sincérité et la foi avec lesquels ils défendent leurs bonnes intentions… Et enfin émouvants de part le sérieux avec lequel ils se prennent au jeu, chérissent ou éjectent leurs targets.

Ces tendres paysans, éloignés de tout, isolés du monde, deviennent le temps d’une saison les Rois du pétrole. Caméra braquées sur eux, ils ont alors carte verte pour se comporter comme les plus beaux des salauds avec leurs si fragiles conquêtes.


Bien souvent, je m’interroge et me demande comment fait la présentatrice assise sur son tabouret en bois pour ne pas éclater de rire. Entre les crêpages de chignons des prétendantes qui se battent pour un type mal rasé dont personne ne voulait cinq minutes avant et la naïveté des agriculteurs sélectionnés il y a de quoi être écroulée.
Derrière les bonnes attentions de la production de nous montrer un visage de la campagne inconnu n’y aurait il pas une envie délibérée de provoquer la moquerie du spectateur ? Je vous laisse vous-même juge.


Cette émission finalement est la seule montrant des gens qui y croit encore. Et ce quelque soit les vacheries que la vie leur a affligé. Elle a au moins ce mérite. L’amour n’est peut être pas toujours au rendez-vous. En revanche c’est certain, le bonheur est dans le pré.

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