Convenu d’avance, le temps nous sera décompté avant même que nos lèvres ne se soient frôlées, avant même le reflet incertain de nos visages au cœur de nos prunelles respectives.

Une conclusion en guise de début, je me rends le cœur léger à cette entrevue clandestine, en ces terres inconnues que tu m’avais pourtant si bien décrites.

La carte de la ville et nos points de rendez vous clignotent dans mon esprit comme les lumières de Noël.

Faire connaissance sans jamais faucher l’intimité de l’une et de l’autre, tel est notre pacte.
Les règles du jeu sont établies, il n’y aura pas de perdante. Ni de gagnante. En théorie.

Ma visite est une réponse à des interrogations tactiles mutuelles, je crois en la compatibilité éphémères des corps. Bien que n’ayant aucune conviction sur l’éventualité d’un champ des possibles entre nous ignorant encore la tessiture de ta peau.

 

Chacune se doute bien des envies de l’autre, et le jeu de faire « comme si » excite mon imaginaire. Tu es face à moi, droite comme une sardine, comme confuse devant ta salade.
L’image flirte avec le comique. Je feins d’être à l’aise me nourrissant de ta timidité qui me confère l’assurance dont je manque. Nous parlons de banalités sans importance. Mon regard est rivé sur ta bouche.
Dans ma tête résonne PPPO de Kittin. Prise d’un culot inattendu, mes doigts se baladent sur ta main comme pour s’embaumer de tes ondes non assumées. A cet instant précis, plus un mot ne sera échangé entre nous.

A la sortie du bar, je réalise avec étonnement que la nuit est déjà là.
Je t’emmène à mon hôtel, pour y déposer enfin mes bagages.

 

Dans l’ascenseur, l’espace entre nous sonne creux. Mon attraction grandit avec la violence de la nouveauté. Les secondes défilant ont le goût de l’éternité. Ton parfum m’obsède, désir d’explorer ta nuque. Joueuse, je glisse mon pod sur tes oreilles. Posant mes mains sur ton visage, j’ose sans pudeur te voler un baiser.

 

Alors qu’une fois la porte de la chambre claquée, tu me plaques fermement contre le mur le vacarme d’une radio assourdissante vient interrompre ce prélude d’étreinte.

 

Il est 6H55, le métro m’attend et je dois aller au bureau.

 

 

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