Ce week end, nous sommes parties Nina et moi direction Brighton pour voir à quoi ressemblait une Pride anglaise. Dans le passé, j’avais déjà fait une Pride à l’étranger.

Celle de Miami voici quelques années. A l’époque j’avais sympathisé avec les butchs du coin qui nous avaient fait visiter le milieu local. Souvenir de bars sombres aux tons rouges, de billards omniprésents, de corps tatoués de partout, et de chopes de Bud XXL impossibles à saisir d’une main. D’un lieu aux apparences pas forcément feutrées contrairement aux nôtres, mais terriblement banalisé en somme toute. Un sourire me vient à l’esprit lorsque je revois aussi ces « Bears » muscles saillants, moustaches impeccablement taillées, vêtus de short en jeans déchirés, talons aiguilles roses aux pieds, défilant avec fierté…

Alors que la voiture file vers Calais, je me remémore ces couples de filles américaines.

Là bas, c’était noir ou blanc. Soit elles étaient ultra sophistiquées blindées de faux cils & d’ongles en plastiques soit à l’inverse très masculines. Arborant des t-shirts de station de service tombant, ventripotentes, sans style apparent. Aussi, j’ai pu remarquer que les filles féminines en couple étaient systématiquement avec des butchs.


Au fur et à mesure que les kilomètres défilent, je m’interroge donc sur Brighton.

Quel mystère m’attend là bas ? A quel spectacle allons-nous donc assisté ?

Une fois la Manche traversée et les quelques centaines de miles achevés, nous arrivons enfin sur place. Une nuit nous sépare des festivités. La ville en elle-même est à l’image de l’Angleterre. Triste aux premiers abords mais gaie dans les détails auxquels l’on n’est pas toujours attentif. La plage est constituée de milliers de cailloux autours desquels s’agitent des mouettes hystériques, friandes comme les anglais de fastfood. D’un côté la mer, bien bleue.

Face à elle, de très jolies bâtisses anciennes, pittoresques, qui côtoient pour leurs plus grands drames d’horribles tours ternes, complexes hôteliers des seventies venant gâché le paysage…  J’ai la sensation d’être à Londres mais sans la Tamise et avec l’océan.

Je réalise qu’en France nous n’avons aucune ville en bord de mer urbanisée de cette façon et aussi rock n’roll. C’est ce qui fait le charme des anglais.

Dans les rues de Brighton je constate que toutes les anglaises de 14 à 40 ans portent des serres têtes avec des fleurs… (Je ne peux plus voir en pâture cet accessoire). Je comprends instantanément aussi d’où vient le look de « Luce » de La Nouvelle Star.

La nuit finit par tomber brutalement. Situé non loin du « Pier » (comprenez la Fête des loges locale) nous rejoignons trash mais coquettes nos amies british dans le « Charles Street Bar ».

L’ambiance est aussi chaude qu’une soirée méditerranéenne. A un moment, je me crois même à Barcelone, probablement le jus de Pomme british de ma vodka. Mais la vue des horribles serres têtes à bourgeons, me remémore bien l’endroit où je suis. Les rues sont noires de monde. Le peuple danse dans la rue, le monde se mélange, chorégraphie, crie. A un moment donné, un vieux tube inattendu passe entre deux songs récentes – Ultra naté [Free] -.  Une minette de vingt ans, copie conforme de mon dernier crush, tente une approche. Préférant l’Originale mais flattée, je repousse ses avances avec diplomatie leurrant l’incompréhension linguistique.
Quittant le très « in » Charles S.B, nous finissons finalement notre escapade dehors, en dansant comme des petites folles avec un groupe d’invertis hommes inconnus. Autours de nous, des travestis posent pour des passants qui les prennent en photo avant de disparaître dans une limousine assortie à leurs tenues. « Priscilla Folle de Brighton le retour » je me mets à penser.

Les jambes engourdies par la longue journée et le cœur ravie d’avoir vu ces amies que nous ne voyons pas assez souvent, nous regagnons notre luxueuse chambre d’Hôtel.

Nous rions dans la voiture de ce marchand de caramel (très Woody Allen) qui a voulu épouser Nina et nous a gentiment offert deux boites de toffees.
Brighton c’est vraiment extra. Les Britanniques détiennent le goût de la fête et ont surement dans leurs origines des gènes hispaniques. Le temps de fermer un court instant les paupières ce soir là, je me réveille déjà dans le bateau le lendemain pour regagner Paris. Enfin sentir une nouvelle fois les rayons de soleil de la France tiédir ma peau. C’est dans des moments comme ceux là que j’aimerais dérober la fraicheur de Nina dont le visage n’accuse jamais une once de fatigue.
Arrivée à la maison, je découvre une lettre m’annonçant contre toute attente que je suis reçue au permis de conduire. Immense surprise, les bras m’en tombent.

Je me mets subitement à aimer très fort Driss, mon moniteur Hurleur *ultra_ méchant*

Titubante d’émotion et pour nos au revoir, je fais donc la promesse solennelle à Nina de l’emmener à Brighton l’année prochaine. Volant en mains et escarpin sur l’accélérateur. En revanche, je ne garantie pas d’avoir la Seat Léon noire à ce moment là (sourire).

Tendrement,

Alba
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