Lorsque je me ballade dans Paris, m’arrêtant près d’un banal fast food, ou encore lorsque je prends les transports en commun j’aime prendre du temps à contempler la population du coin. Spectacle à ciel ouvert, les grandes villes nous offrent abondance et choix dans l’observation de sa faune.

 

Particulièrement les bandes d’adolescents, qui certes ne me rajeunissent pas, mais qui m’amuse sur bien des points. De Châtelets les Halles, en longeant l’interminable Rue de Rivoli, j'épie.

 

Je me demande ainsi quelle adolescente aurais je été en 2008.

Aurais je moi aussi été une adepte inconditionnelle de la petite ballerine niaise à pois ?

N’aurais je pas pu résister à l’envie terrible de me farder en « Daphné Black » ?
(Quitte à payer le prix d’aller au bahut avec un serre tête aussi cocasse que mes imitations repettos strassées de chez « Tammy »).

 

Peut être aurais je été danseuse … De « Teckto ». Me dandinant chaque samedi soir sur les podiums de l’Acropole armée d’une conviction frôlant la dévotion…

 

Je ne le saurais jamais. Bien que j’ai ma petite idée sur le sujet... Quoiqu’il en soit, je n’ai pas de regret d’être issu de la génération des années 80 Aube des trente ans ou pas.

 
Dans mon époque des Eightiz, nous n’avions pas internet. Mais les séries DA du Club Dorothée compensaient cette absence. Téléchat et son Autruche, Olive et Tom et son boulet de canon étalé sur deux épisodes, le duel de Végéta et de Cell : autant de feuilletons dotés d’un réel suspense qui ne se fait plus en la matière. A la place aujourd’hui nos jeunes ont le choix entre KD2A et Prison Break. Les japoneries ont déménagé dans la rue Keller et le Chat est au chômage…

 

Côté musique « le top 50 » proposait du ‘pur’ clip. Unlike MTV.

Avec une mention spéciale pour ceux de Mylène qui nous terrifiaient. Si bien que l’on adorait s’initier au catch entre filles: les crêpages de chignon dans la boue, le sang qui gicle, les genoux éclaboussés de Mercurochrome... Les vraies bastons quoi. Pas les triples saltos truqués des Matrix anesthésient l’œil.

Ceux de Madonna étaient pas mal non plus, je compilais ses 45 tours. Présentement pas de collection. A l’ère de l’électronique on passe au format Mp3. La discothèque entière tient dans un POD.

 

A cette période, le cinéma nous gâtait. Pour de vrai. Nous offrant des pépites comme Retour dans le futur I et II, on était toute amoureuses de « Marty »…Et de son skate. Citons en vrac les vrais films d’horreur du moment comme les Gremlins ou encore la Nuit des Morts Vivants. Et les Aliens qui n’ont pas pris une ride au passage.

Besson était efficace avec son Grand Bleu. Premier coup de foudre pour Jean Marc Bar  magnifique dans sa belle combinaison orange… Les Princesses Disney était gracieuses, charmantes jusqu’à la Belle et la Bête.

 

Question fringue, à la récré nous arborions de très chics doudounes naf naf multicolores en plume d’oie. Poivre blanc et Benetton se vendaient comme du petit pain. Et Chevignon tenait le 16éme.

Les Reebook Pump étaient aussi le symbole de la fortune. Comme il en fallait peu…

 

D’un point de vue Gastronomique, je déplore la disparition du pain d’épice Prosper qui faisait notre bonheur ainsi que des tubes à chewing gum rose que l’on avait parfois dans les Pifs et Hercule.

Les sucettes sifflets rendaient nos mères dingues dans leurs R5. Comment ne pas se rappeler bâtons fluo remplis de poudre dont on se gavait sur nos BMX (et qui avaient bien failli nous tuer 10 fois !)

 

Cette époque est révolue. Cependant les images barbouillées qu’elle véhicule sont restées bien ancrées dans notre mémoire. Affichant un sourire nostalgique, quittant le quartier Saint Paul je poursuis mon périple. Les sixties sont partout. De Clignancourt à Montparnasse, traversant les lignes de métro de long en large, les classes sociales et les âges... La mode veut son innovation dans le passé, il faut créer et innover dans ce qui a déjà existé. On régresse et on traverse le temps en reculant.

 

Alba.

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