Voici un an, j’étais complètement accro à Msn, au coca cola light, aux émissions de télé réalité bidons, aux sms tordus et autres sorties futiles dans le 4 éme arrondissement de Paris.

Les filles du Calvaire et Réaumur n’essuyaient presque plus de secret pour moi. Que la ligne 4 soit maudite ! Je plaisante – Soupir – 
 

En total décalage horaire, le soir il me fallait un tranquillisant pour m’assommer, et le lendemain un litre de jus d’orange pur et autant de vitamine C pour tenir debout. Mes nuits duraient au mieux 3h en semaines et 2h en week end… Ma cadence de sortie était celle d’une adolescente de Première : je me demande comment j’ai pu tenir ces 6 mois à aller « clubber » de façon si assidue.

 

J’avais en outre la capacité à converser avec 5 filles à la fois sur msn, sans compter les trois autres sites de rencontre ouverts simultanément, le kit main libre du black berry sur l’oreille et l’ipod sur l’autre. A leur insu.  

Véritable acrobate professionnelle, j’enchaînais les ‘dates’ tous les deux jours omettant parfois de changer  de bars… (Cet oubli me valut quelques rictus moqueurs de la part de serveurs acariâtres du Marécage dont je tairais les noms.)

 

J’avais une certaine excitation simplement à rencontrer des inconnues, lire un peu de leur vie, comme pour assouvir une curiosité de passage. Aucun lien ne se créaient vraiment, et lorsqu’il y en avait, ces relations se dissolvaient toujours en un battement de cils.

Illusions divergentes, fantasmes conduisant parfois à une semi-obsession, déceptions partagées, pour une ultime poignée de main ou bise signant alors la trêve de la correspondance. Avec une politesse coutumière teintée de promesses jamais tenues :« on s’écrit – on s’appelle ».

 

L’adition de ces addictions inutiles ? De l’argent jeté par les fenêtres, du temps très souvent perdu, et un lit toujours aussi vide…Voici pour l’aspect matériel. Côté moral, les atteintes

se traduisaient par une lassitude croissante. Ainsi, tant qu’à être blasée je préférais poursuivre sur cette voix, plutôt que d’être une célibataire figée dans son fiel.

Qu’importe à l’époque, seul le mouvement comptait et le plaisir des premières secondes de découverte…Le goût du jeu des Devinettes ne m’avait donc pas quitté depuis la CM1.

 

Aujourd’hui, ces mauvaises habitudes se sont distillées. Toutes se sont volatilisées brutalement, à la suite d’une rencontre. Les réflexes d’autrefois, comme de laisser allumer l’ordinateur 24h sur 24h ont disparu... Pour laisser place à une nouvelle dépendance, la Passion Amoureuse.  

Bateau pour les aigries, et essentiel pour les Fleurs Bleues, ce sentiment nous emporte sans que l’on puisse luter, ou résister. A ce jour, j’ai envie de dire que l’adition qui en résulte demeure une sensation de grand vide en son absence, et d’un bonheur absolu en sa présence.. Le Ying et le Yang en quelque sorte. Elle éclipse à la fois les ombres et lumières.

Mais quoiqu’il advienne, c’est toujours à la fin que l’on paie l’adition. Au prix d’une division.


 








 
Retour à l'accueil