3h00 du mat, pleine nuit – matin malin dimanche plus très loin- sac à main avec clefs et CB au vestiaire : je suis nue.

Bruit – son Electro – Vapeur d’alcool – tête qui tourne. DJ qui glousse, serveuses pressées, quelques travelos qui s'étreignent et des filles à plus vu.

Obscurité, teintée de micro lumières rose fluo, vision illusoire de visages.

Mémoire pour une seule. Question de seconde se jouant sur toute une soirée. Partie de Poker lancée. Lente place à l’hésitation qui s’installe.

Dehors les fous sont de sortie, par groupe, ou seuls. La rue de Montmartre leurs appartient. Les policiers n’existent plus, si l'on t’attrape, tu seras tuée pour sure.

A l’intérieur, un joyeux bordel. Une mêlée qui s’observe. Les palpitations flirtent avec la frustration. Etouffée par les vapeurs de nicotine, je choisis sans avoir à comparer. Pas d’incertitude ce sera Elle, ou aucune. Je titube de trouille, d’étourderie, de bêtise. Le Ridicule me tue. J’ai besoin de davantage de vodka pour moins trembler. Il est tard, plus de taxi, bloquée.

Tendue, je la cherche du regard, puis disparaît m’inscrustant parmi un groupe d’invertis. Les filles qui m’accompagnaient sont parties. Je suis seule.

Le son de Vitalic s’empare à présent de la foule en transe. Les lumières se font plus offensives. La fille arrive face à moi, je recule. Elle me tend sa cigarette, je n’ai jamais fumé mais je fais semblant. J’ai la tête qui tourne, elle se jette sur moi. Mon cœur bat comme si il allait me piler les os. Sa peau est légèrement humide. Ses cheveux sentent bon, je me laisse faire. Elle m’embrasse tout en souriant, comme pour narguer la foule d’inconnues. Je me délecte de cette douce arrogance. Je maîtrise, mes tic’. J’assure.

Mes mains ne quittent pas le bas de son dos. Nous faisons connaissance en silence, en s’enlaçant. Je ne prête plus attention aux burines qui me bousculent complètement ivres. Je sors avec une fille dont je ne connais même pas les initiales : désopilant pour une prude comme moi.

Dehors, un groupe de drogués essaie de rentrer dans la boite. Bousculade, panique de la foule et gloussement de l’inconnue qui me tient par la main et me traine déjà vers la sortie.

 

Toujours la nuit sombre et pour unique éclairage celui de très ordinaires lampadaires. Mais l’absence totale de glamour n’influe en rien sur mon excitation.

Nous fonçons vers sa voiture, pliées de rire.

 

La fille n’a pas 25 ans, pas grave. Vivre l’instant, comme dans un film, voilà ce qui compte.

Dans sa golf, pas une parole échangée, seulement quelques coups d’œil furtifs. On sait. On sait que demain n’existe pas et que c’est l’histoire d’un moment. Comte de fée carte postale à la fin programmée dès la levée du jour. Dans sa voiture, le son de FG et rien d’autre.

J’ai envie d’elle. Nos doigts s’emmêlent comme les ferait nos langues. Les quatre chiffres du digicode tapés et 5 étages de l’ascenseurs passés, je me retrouve chez elle…

Les tics me reprennent un par un…Je lutte. Je passe ma main dans sur ma frange plusieurs fois toujours en m’éloignant d’elle. J’ai peur de mon attirance. Pas un son dans son appartement si ce n’est que le bourdonnement de son frigo. Quelques photos de vacances sont tapissées sur le mur de l’entrée je balaye du regard rapidement les bibelots et meubles de l’endroit.

Furieuse, elle se précipite sur moi, comme elle l’avait fait dans la boite. Nous nous embrassons longuement pendant des heures. Je ne la laisse pas me déshabiller. Je touche son corps avec le tissus. J’ai très envie, mais je n’irai pas plus loin, je ne céderai pas.

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