Ton absence me rapproche de toi, inéluctablement. M’emprisonne. Me cloisonnant dans un passé lointain, sans frontière ni limite. Quelque part.
Illusion me figeant dans le présent, étouffant le futur. Le réduisant à néant.
Cristallisant mon cœur, ce diadème imprenable bientôt poussière, dont tu conserves l’appartenance envers et contre Toutes. Malgré les ruptures, les coups d’éclats, nos différents, les disputes, les incompréhensions, et nos colères. Besoin de ta voix une dernière fois.
De m’enliser de ta tonalité, de nos fous rires, de te contempler dans la distance. Du mieux que je peux. Pour me protéger. T’épier cachée, sortant du bureau de la fenêtre du Starbuck, accompagnée d’un chai tea, le visage à moitié emmitouflé dans une écharpe. Mata Hari désenchantée, toxico n’assumant pas ses gestes ni ses choix, dénudée de tout orgueil, vidée de toute logique. Paradoxale au maximum. Ou peut-être simplement désaxée.

Pourtant en y réfléchissant bien, ta présence suffit à me conforter dans la nécessité d’une division, d’un éloignement. Ton visage devenant subitement le miroir de mon échec, réfléchissant par moment des souvenirs sombres que je ne voudrais plus jamais revivre. Je ne comprends pas ce que je veux exactement. Mais je sais aussi que nos désirs peuvent nous asphyxier que l’on y cède ou pas.
Qu’il faut composer avec ce que l’on a perdu. Tel un funambule incertain, j’attaque la vie quotidienne dans le vide de toi, prise de vertige, irritable.

Il n’existe à ma connaissance pas de palliatif, de marabout, de popcorn, de rehab, ni de cigarettes électroniques assez puissants pour en venir à bout. Tout en poussant la porte de l’officine ce matin, migraineuse j’ai demandé au pharmacien un « Paradex ». Ce dernier en souriant a répondu à ma demande me tendant une boite de Paracétamol.
Le printemps débute. Ce n’est plus le moment de repartir à zéro, ni de sortir les parapluies.
Mais celui de réécrire tant bien que mal, une nouvelle Histoire sous les parasols « au soleil » (comme dans la chanson de Jennifer).
Le plus dur dans tout cela ? De se débarrasser de son paratonnerre contre les coups de foudres.
Para siempre. 

Naturellement votre,

Alba


 

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