En ce D. Day Valentinesque, tasse de thé bouillante sur les genoux, sourcil relevé, d’humeur apaisée, scrutant de la fenêtre du bureau l’horizon de La Défense, je me suis demandée si j’étais capable de définir ce qu’était la « Femme idéale ». En sachant que le vocable « Idéale » était sœur de « déception ».
Voici donc un véritable challenge pour une âme aussi alambiquée que la mienne que celui de vous la décrire. Fortement inspirée par l’absence d’ultra violet de ces dernières semaines, je crois avoir deviné qui elle était. M’imaginant même pouvoir la dessiner avec des mots simples, sans fusain, à main levée.
Dans un premier temps, je dirai qu’elle n’est pas parfaite même si elle s’en approche avec ses défauts qui la rendraient mignonne en toute circonstance.

La femme rêvée dans mon imagination n’a pas vraiment conscience de son élégance. Elle serait dotée d’une intelligence dans la norme, de l’humour de Woody Allen, d’une auto dérision décomplexée. D’une modestie à rude épreuve, d’une audace inattendue dans les débuts. Si des longues études ne sont pour me déplaire, un étalage soutenu de sujets trop complexes a sur moi un effet hypnotique.
Les Kafkaiennes m’ennuient tout autant que celles adoptant les mimiques gingivales de Nabilla.

Son minois revêtirait les traits fins d’une femme, avec des lèvres ourlées pas trop pulpeuses mais possédant toute fois (si possible) un accueil moelleux comparable à ce lui d’un chamallow, laissant entrevoir une dentition saine. J’ai d’ailleurs un faible pour les dents du bonheur. Sa chevelure serait dans les tons bruns naturels, avec une coupe ni trop courte ni trop longue (les mannequins sorties des pubs Timotei ne m’émeuvent pas plus que cela. Vous l’aurez bien compris : Feu Hélène Rollès. RIP Larusso.)
Son corps n’a pas besoin d’être identique à celui d’Esther Williams pour me séduire
(bien que s’il le soit, cela ne me pose pas de réticence particulière ;).
Le charme ne réside pas particulièrement dans la rigidité de la chair, mais plus dans l’accentuation d’une courbure, la cassure d’une hanche, d’une gestuelle, d’une spontanéité dans un échange de regard, de l’ovale d’une cuisse, dans la rondeur d’un sein mais jamais dans son volume.
Les yeux, je les préfère foncés mais point trop n’en faut. Analogues aux châtaignes, l’automne étant ma saison préférée, cela coule de source. Wynona Ryder (Lydia Deetz) et Rooney Marra (Carol) illustrent parfaitement ce que je viens de vous peindre. Des beautés pas compliquées, qui ne sont ni des girafes, ni des frappes particulièrement impressionnantes tout droit sorties d’un calendrier Pirelli. (Je fais dans le discret).

Voilà pour les grandes lignes de ce que l’on nomme l’aspect physique. J’ai essayé d’être succincte sur ce sujet par crainte de laisser entrevoir une superficialité qui en faite n’existe pas chez moi.
Je suis simplement une âme sensible aux détails demeurant invisibles pour le commun des mortelles.

Pour ce qui est du reste, de ce que l’on nomme « la beauté intérieure », la Femme idéale serait mélomane, dotée d’une grande culture musicale très variée, gourmande de films noirs dramatiques tout en restant aussi friande de petites comédies à la sauce Bridget Jones. Elle aurait un besoin d’écriture dans son quotidien pour être épanouie, serait secrètement romantique même si devant ses potes elle le nierait en bloc, apprécierait autant les sorties consécutives nocturnes que les moments plus calmes à la maison « Plaid time mode en duo», aurait un attrait raisonnable pour l’art sans pour autant être une encyclopédie ambulante, serait curieuse de tout, avide de voyages, urbaine et épicurienne, de gauche (avec un compte en banque de droite). Les idées politiques pour tout vous dire, je m’en moque. J’ai simplement pu remarquer que dans l’intimité, ces filles là étaient dépourvues de barbelé et embrassaient mieux que les autres. (Jusqu’à preuve du contraire, je ne suis pas rigide, foi de pirate des cœurs.)
Si elle sait chanter en karaoké le répertoire des Sex Pistol et « Tainted Love », ce serait un bonus de luxe plus que bienvenu. Pour ce qui est du reste, des basiques, la femme idéale est sociable et sait conjuguer à la perfection addiction et indépendance sans jamais être indécente.
Elle peut sortir sans moi avec ses potes en soirée comme je le fais, sans ce que cela ne me pause un problème si… Elle sait être respectueuse dans sa démarche et ne pas se comporter en macho pas sexy. Une Diva, c’est de l’entretien, cela se mérite mais cela aussi sait vous le rendre au centuple.

Alors si avec cette liste non exhaustive vous m’imaginez comme une petite merdeuse invétérée ; vous vous méprenez. « La femme idéale » n’aura avec moi pas besoin d’être une bonne cuisinière, ni de faire le ménage (car personne ne le fera aussi bien que moi).
Elle sera donc dispensée de ce fardeau quotidien pour beaucoup, qui pour moi est une façon d’évacuer le stress du quotidien, du métro boulot dodo. D’une nature généreuse, j’accepte tout de même de partager certaines de mes tâches ménagères et de concéder le repassage de l’intégralité de mes fringues (incluant mes parures de couettes par la même occasion) et la descente au vide ordure des poubelles.

Dans l’intimité, l’Ovni que je décris, sous des aspects angéliques, n’aura pas froid aux yeux et saura me surprendre avec son aplomb insoupçonnable. La sensualité n’est pas dans un acte précis, ni spécialement dans la libido. Elle est dans l’abstrait, flottante, perceptible que quand elle vous heurte. Une façon de tenir de la main, de voler un baiser, de mordre dans une glace Magnum un soir affalées comme deux baleines dans le canapé devant M6.

Pour l’aspect géographique : Après l’avoir exclus, j’ai contre toute attente retournée ma cuti.
Je ne suis plus hostile à la proche banlieue. La femme idéale s’y cache d’ailleurs surement plus qu’ailleurs. Le périmètre psychologique des 45 minutes de transport me semble tout à fait louable à présent. Décathlon woman a laissé place à la Uberwife, plus mobile.

Avec du recul, en relisant mon article, je crois que je viens de réaliser que je possédais beaucoup de traits de celle que je viens de décrire. Mais je ne recherche pas mon clone pour autant. J’ai même une préférence appuyée pour les filles-mecs (à ne pas confondre avec les androgynes). Ces filles très féminines capables de se servir d’une perceuse, de conduire un bus (ou un tank- non je déconne),
de butter un cafard si nécessaire, ou de faire la peau à qui conque qui me voudrait du mal...

Si jamais l’une d’entre vous venait à se reconnaitre dans ce portrait (en particulier pour certains paragraphes sensibles que je tairais), que vous souhaitez en débattre, ou même exprimer votre profond désaccord, votre courroux, n’hésitez plus une minute : contactez-moi. (Voix de gros lascar).
Bien que très prisée en ce moment (par mon travail), j’aurais toujours cinq petites minutes de disponibles pour une fille qui souhaiterait me montrer comment elle chante « Ice Queen » des Stranglers. Enfin, et plus sérieusement dites-vous bien et n’oubliez jamais l’essentiel. A savoir que la femme idéale existe bien, en chair et en os. C’est Vous. Tout simplement.  

Satyriqment votre,
With L v e,

Alba


 

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