L’époque de gayvox étant révolue, le système des sites de rencontres dont l’opulence a de quoi faire voler en éclat les couples les plus solides, a brutalement muté ces dernières années.

A un tel point où il serait aisé de croire qu’il suffirait de se baisser pour faire du baise main (avec ou sans courtoisie) à cette foule d’âmes célibataires. -Oui mais, dans les faits, cela n’est pas aussi simple que cela en à l’air chez les lesbiennes.-
Voici quelques années, j’avais écrit un mode d’emploi sur les sites de rencontre.
En le relisant, je me suis dit qu’il fallait réactualiser un peu tout ceci et je n’ai pu me contenir face aux réactions multiples enchainées que provoquent ces applis, source intarissable de sujets de conversations passionnées avec mes copines pouffes hétéros ou pas.

-1 Most important : LA photo.
En observant la cohorte de candidates présentes (de façon simultanée) sur toutes les applis existantes,
la qualité de la photo n’est pas à négliger. Elle demeure même primordiale.
La difficulté réside dans l’art de trouver une photographie étant le plus fidèle possible à la réalité, qui soit originale mais pas trop, qui laisse transparaitre une certaine humilité tout de même, donnant l’image d’une personnalité sortie de nulle part, ayant du goût. Tout ceci en une photo lorsque l’on n’est pas une bombe internationale, que l’on est juste une fille « normale « relève vous le croyez, du prodige ? Détrompez-vous. Il existe simplement quelques erreurs à éviter et les clefs du Paradis, la pizza de vos rêve, vous seront alors livrées littéralement au pas de votre porte.

Règle number one sont proscrits : les filtres. L’aspect foie gras n’est pas un détail qui claque ni d’attirant. Les Anges de la Téléréalité ce n’est pas ce que vous souhaitez inspirer en 2017.
Les photos en noir et blanc, ok mais pas en principale. On est plus en 1954.
Ensuite, à moins d’être la réplique d’Anna Karina, il est préférable de ne pas se lancer sur ce terrain miné. On n’est pas là pour créer des pochettes de vinyle mais pour faire ses courses (je vous le rappelle).

Pour les adeptes de sport faisant appel à d’extrêmes contorsions (j’ai remarqué qu’elles pullulaient sur ces applis), on évite la photo de tortillement visant à prouver sa souplesse. Mais qui en fait donne une image comique procurant plus de barres de rires que d’excitation. Si ces photos de pitreries excitent l’étalon hétéro, sachez Mesdames que chez les lesbiennes (les pures et dures comme moi), elles provoquent la crise de rire-fou et appellent au foutage de gueule entre potes. C’est super d’être une pro de danse slovaque. Si avoir un corps de vestale romaine s’avère être un atout non dérisoire, évitez de vous tirer une balle dans le pied en étant grotesque ! De plus, cela peut aussi provoquer le doute et les filles méfiantes pourraient y voir l’ombre d’un mec qui plane derrière ces gesticulations insupportables (en salle comme en photo).
A éviter également les photos tribales de gousses : on peut en effet avoir un like qui au final ne nous était pas destiné ! Après bonjour tristesse, bonsoir la honte le D-Day du date.

A la place on : opte pour une photo naturelle prise dehors sans flash (la beauté réside dans la neutralité pour l’invertie femelle), en prohibant le maquillage de voiture volée, avec des cheveux néanmoins toujours impeccables comme dans une pub de L’Oréal Elsève.
C’est bien de mettre une photo ¾ prise dans la rue, peu importe la ville tant que cela reste urbain.
Les clichés pris à la campagne restent acceptables particulièrement avec des accessoires (sacs à dos Kanken, bonnet Marie Marot, cigarette même si on n’est pas fumeuse, planche de surf, French bouledogue en laisse ect). Chevaux & poney interdits, (surtout si vous avez la même coupe) valides si vous arborez une jolie crinière rose bonbon.
Les fringues quant à elles ont leur importance et permettent d’étayer un bout de la personnalité que vous souhaitez montrer. Tout en oubliant pas que : les rayures grossissent et que le look de motarde creepers/carhartt si çà fait déjà pas crédible sur Kristen Stewart çà ne le fera pas plus sur vous.
Les photos de plage en bikini quant à elles, gueules cramées sont archi défendues, quelque soit la taille de votre bonnet ! En effet, les armes de destructions massives font plus d’effet lorsqu’elles demeurent une surprise. Par ailleurs, il faut être élégante mais froide pour être attirante dans ce milieu.
Les selfies, s’ils sont modestes, sans grimace et ne cherchent pas l’excentricité peuvent être valables.
Perfectos exclus si votre culture musicale se limite à Belle and Sebastian et si vous ne savez pas who the hell is Robert Smith.


2/ Le baratin. (Ou texte accompagnant votre fiche).
Règle 1 : si tu ne sais pas quoi écrire, sois belle et ferme-la. (Mais envoie du lourd dans la case films et goût musicaux !)
Règle 2 : si comme la majorité des membres tu n’es pas un boulet de canon local mais juste une fille pas mal, sélective tu seras avec tes mots pour être attrayante. Je n’ai pas de formule magique à ce sujet mais j’ai remarqué que ce qui est court fonctionne mieux que les tirades que personne ne lira (sauf les ventouses & les cinglées).
Règle 3 : On bannit toute forme d’agressivité et négativité. Je fais allusion notamment à celles qui revendiquent leur inaccessibilité s’imaginant que cela suscitera de la popularité.
En fait, cela provoquera plutôt un « what the F.. » qu’autre chose.
L’époque de connasse étant has-been, déjà vues mille fois, et entérinée, endosser un rôle de méchante en plus de se révéler désuet est particulièrement ridicule. Puis rime avec andouille, bredouille et casse c…..s .
Règle 4 : A la place, l’on reste discrète et évasive sur ses attentes. On ne cherche ni un plan, ni à se caser mais cela ne veut pas dire pour autant que l’on exclut quelque chose de sérieux. (si affinité).

3/ Crucial moment : une meuf qui me plait vient de me liker, que faire ?

Tout sauf un pétage de plomb ! Faut-il être la première à envoyer un message ?
Ou faut-il à la place rester muette et passive comme une statue de sel?
Ici, je n’ai pas trouvé de réponse ni de schéma face à ces deux questions.
Plusieurs contextes entrent en jeu tels qu’à titre de d’exemples le degré de kiffage que vous ressentez pour votre targue, si vous êtes d’une nature timide, si vous êtes capable de mettre votre fierté dans votre besace durant 3 minutes et de prendre le risque de recevoir un parpaing en pleine poire après, du volume de votre audace, de votre appétit du jour…
Je n’ai pour ma part jamais été celle qui envoyait la première missive parce que j’ai toujours aimé obtenir ce que je voulais sans jamais le demander.
Aucune trame n’existe mais cela n’empêche qu’il faut savoir se donner toutes les chances
en faisant un minimum d’effort dans les éléments que j’ai décrit plus haut.
Mon moto ? De répondre « Je saurais ce que je cherche le jour où je l’aurais trouvé » à celles qui me posent la question. Bénites soient-celles que cela rend curieuse.

4/ En conclusion.


Dans l’idéal, j’ai une préférence pour les histoires via le réel parce qu’elles sont une source d’authenticité indéniable, que les rencontres virtuelles ont toujours le même architecture, la même genèse laissant rarement la place à l’étonnement et à la poésie. Que très souvent, pour faire du beau, on complique, que la déception s’immisce trop fréquemment auprès des deux parties, que cela ne fait pas assez « film de cinéma ». Mais dans les faits… Notre orientation sexuelle acte qu’il est difficile d’en réchapper et que l’évolution de notre société a rendu ce système ordinaire.
Sur ces quelques bribes à prendre avec humour, je vous souhaite à toutes une bonne pioche pour 2017 et espère que cette nouvelle année habillera avec bonheur votre jeu de 7 familles en vous offrant le duo de vos rêves. ;)

« Allez Chico on met la gomme!» à Chewbacca dans Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir.

Sarcastiquement votre,

Alba





 

 

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