Je t'avais aperçue, remarquée, devinée, lue et comprise. Sans jamais t'analyser, mais simplement imprimée dans la distance. Intriguée j'avais été. Je me souviens bien maintenant, tout me revient.
Le temps avait subitement aspiré nos silhouettes, pour nous dissoudre dans le labyrinthe de la ville. 
Dans les entrailles de Paris, nous avons vécu, bu, ri, fréquenter les mêmes endroits, foulé des trottoirs analogues sans jamais se frôler. Jusqu'à ce que tu me percutes. Arrivant dans ma vie comme une tornade impérieuse, rendant mes nuits plus lumineuses et mes matins plus mauves.

J'ai dans la tête l'assurance de ta main poussant la porte de mon appartement, tes lèvres se superposant sur les miennes comme une ponctuation ayant la saveur de l'inachevé, le goût imaginé de l'iode sucré.

Je veux encore croiser ma main dans la tienne et m'abreuver des histoires que tu auras à me raconter.
Je ne dirai rien à mes copines, croix de bois. On ira ensemble à la mer écouter les coquillages et s'enivrer d'alcool anisé. Je ne te poserai aucune question sur ton passé et ne dévoilerai rien du mien non plus.
Le Destin a ce don de toujours nous surprendre dans les moments les plus froids de notre vie.
Celles qu'il cherche à séparer finissent toujours par se retrouver, dans la beauté, au détour d'une allée. 
Eternelle pirouette de la vie donnant aux quotidiens les plus ternes, la secousse qui leur manquait. 

J'ai maintenant recollé tous les fragments de mémoire et fermé la boite à puzzle.
Je peux à présent aller me coucher, avec un sourire. Je sais qui "tu es". 
Demain sera un autre soir. 
Bonne nuit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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